the drinking scenario

tasting notes and trivia

Suite et fin

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judith s.Bonjour,

il fait 6 ° à Paris et j’ai appris à skier!

Bon, voilà. C’est fini. Je me suis bien amusée ici mais je dois me rendre à l’évidence, je me suis lassée de ce medium. Bien entendu, ma passion demeure intacte. Peut-être qu’aujourd’hui je la vis de façon différente,  plus introvertie.

Aussi, je réfléchis  à la forme que prendra mon engagement auprès des vigneron(ne)s dans un avenir plus ou moins proche.

Merci de m’avoir lue, corrigée, soutenue, commentée.

A bientôt autour d’une belle bouteille.

Vinicolement vôtre,

Judith Sciarone

 

PS (addendum du 11/12/13) peut-être que ce site n’est que dans le coma finalement. Je me réserve le droit de reprendre ma plume de clavier. 🙂

Written by jjscenario

March 25, 2013 at 13:40

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Vin Jaune 1998 (Maison du Vigneron)

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Hello,

it’s 6°C in Paris and this post is way overdue.

A couple of months ago I invited a friend over for a chat. She said she would bring a cheese platter. A light-bulb went of in my head, signaling this was the perfect opportunity to pull out a Vin Jaune I had been given the previous summer and which had been patiently waiting to be paired off. Vin Jaune is one of those crazy little things that’ll have you head over heels faster than you can say Saccharomyces Bayanus which is the particular strain of yeasts that make Vin Jaune, well, Vin Jaune. But I’m getting ahead of myself.

Hailing from a tiny perimeter in the beautiful Jura region, also laudable for Comté cheese and delicious smoked trout, Vin Jaune is made from Savagnin, a varietal known in Germanophone countries as Traminer. To cut a long story short, the wine is made traditionally and then aged for a minimum of six years and three months in barrels which carry the Saccharomyces Bayanus strain, the yeast forming a veil shielding the wine off from (whilst allowing a particular interaction with) the environing oxygen. The only other region to produce wines following this process is Xérès in Spain.

Vin Jaune is generally spicy, profound, nutty (in both meanings of the word) and almost unsurpassed as a pairing to mountain cows cheeses which are kind of my favorite, at least right now. It is definitely the kind of wine you want to give time, as it requires time to understand, taste, enjoy properly.

Young, it is often quirky, sexy to a fault and funky as a disco ball. As it ages it acquires depth, nuance, wisdom. Like true friends, you can always turn to Vin Jaune for a good time or a word of advise. Yes, it’s that kind of wine.

Winely yours,

Judith S.

Written by jjscenario

December 20, 2012 at 13:46

Épitaphe

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cloudBonjour,

il fait 3° à Paris et non je ne suis pas morte, ceci est un hors série pour les Vendredis du Vin, thème: “Des Vins Vivants pour Fêter la Mort”.

Tout est dans l’énoncé. Boire des vins vivants jusqu’au dernier souffle. Des vins capables de m’étonner, de m’émouvoir, de me grandir.
Jusqu’au dernier moment vivre, vivre, ivre de vie.
Surtout, me souvenir encore.
Si possible être entourée de ceux que j’aime.
Boire, donc, et puis partir et laisser aux autres la vie et les vins et l’ivresse.
Car le vin qui sera mon dernier je ne serai pas sa dernière. Après moi encore tant d’amour, de verres, de vies. Tant de vin.
Mon dernier vin, je veux qu’il soit aimé. C’est tout.

Epitaphe

Lorsque je serai vieille, alors je pourrai dire

que c’était un vieux rêve que j’ai bien fait de choisir.

Cette route tout  en pente, aujourd’hui avenir,

avions, notes, paysages, me regardent grandir.

Lorsque je serai vieille, alors je pourrai faire

un doux geste volontaire qui paraîtra distrait.

Pour désigner ces choses qui n’ont aucune valeur

si ce n’est celle de pouvoir évoquer mon bonheur.

Lorsque je serai vieille, alors je chanterai

de ma vive voix vibrante les émotions amassées

au cours de ma vie de femme, de jeune fille, de vieille peau;

Que le vin était doux, que les hommes étaient beaux!

Lorsque je serai vieille, alors j’aurai tout fait.

Tout dit, tout voulu, de ce que la vie m’offrait.

Et alors je dirai avec un sourire en coin:

Si je n’ai plus qu’à mourir, et bien, je mourrai demain!

Vinicolement vôtre,

Judith S.

Written by jjscenario

December 1, 2012 at 14:41

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Rouge Nature 2010 (Domaine Le Conte des Floris)

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Hello,

it’s 3°C in Paris and once again I wish it would snow.

When we left Benjamin and the beautiful village of Caunes-Minervois, we headed to a completely different environment.

The last stop on our trip was Pézenas, near Béziers, where we spent a couple of days with Catherine, her wines and the 50 horses and ponies who share her daily surroundings. Catherine is a Parisian gone rogue. She used to work in politics and you can kind of sense that by the way she talks. She is continuously analyzing and commenting information, so much so that it sometimes feels like you’re talking to five people at once.

She took us up to her vineyard, she took us around to meet friends and family, she took us to her wine bar, she took us to the beach. We will remember especially fondly the night we drank and played on a swing in the garden of a huge house inhabited by several generations. If I remember correctly that was the only Barbecue dinner we had that summer. We will also remember the pony who walks around freely and steals food whenever she gets a chance.

As you may have noticed, I’m having a hard time writing this article… and it took me a long time to complete the series… This isn’t because of Catherine or anything like that. I had a fantastic time with her and was happy to meet her as a new friend, after all I had only met her once before. She welcomed us like family, and like all the winemakers on the trip shared her home, her kitchen, her life with us. The generosity and friendliness we encountered on this trip was beyond what I had expected and imagined, and I had expected quite a bit.

I’m having a hard time because from a personal point of view the vacation didn’t go quite as I had imagined it and it is taking me some time to digest that.
I’m having a hard time because in a sense, what we shared, what I lived, was so potent and fulfilling that most of it wants to stay nested deep inside of me.
And, to be blunt and honest, I should have written sooner and probably should have kept notes during the trip. Remember that post where I wrote I was too lazy to carry a notebook? Yeah, this is the time I come to regret that.

To go back to Leconte des Floris, their wines are expressive and typical of their origins. Rouge Nature is a blend of equal parts Grenache and Syrah and needs to be decanted so as to let oxygen chase the wildness of this wine elaborated naturally. Zero sulfites but a blast of spices, liquorice and ripe black fruit. It’s friendly and open and seems to be telling a bunch of stories at the same time… Not so different from Catherine.

Cathou, merci.

Winely yours,

Judith S.

Written by jjscenario

November 30, 2012 at 16:59

Laguzelle 2011 (Benjamin Taillandier)

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Bonjour,

il fait 19° à Paris et j’écoute Solo Piano II de Gonzales en pensant que vous devriez en faire autant.

En partant de chez Mireille et Pierre Mann en direction de Caunes-Minervois, nous ne savions pas trop à quoi nous attendre. Nous nous rendions chez Benjamin Taillandier, que je ne connaissais que par ses vins. Mais, aimant ceux-ci, et sachant qu’il est très ami avec des gens que j’apprécie beaucoup, je n’avais pas tellement peur.

A Caunes-Minervois, Benjamin nous attendait devant sa Cantine du Curé, adorable table d’hôte estivale à l’ombre des figuiers et entourée de murs de vieilles pierres. Une fois les valises posées, nous y sommes vite retournés pour dîner avec des amis qui nous avaient rejoints de Béziers. Tomates du jardin (et quel jardin!), coeurs de canard, soupions à la plancha, filet de boeuf mariné, une carte courte et juste, en plein dans le mille des envies du moment. La carte des vins fait presque trombinoscope, tellement c’est une liste d’amis. Les Senat, les Mann, ou encore Gilles Azam se partagent les frigos et carafes et donnent lieu à un enchaînement de bouteilles où chacune y va de sa personnalité, de son petit caractère.

Nous avons donc passé une soirée amicalement arrosée qui a fini dans la piscine avec Syrah, la labrador de Benjamin.

Le lendemain matin, Benjamin est venu cueillir quelques légumes dans le jardin pour les tapas du soir et s’est rendu à la Cantine du Curé pour une interview. J’ai eu le plaisir d’y assister et d’entendre ainsi Benjamin parler avec cette douce passion, qui ne part jamais en ébullition mais mijote tout près de la surface, de son domaine. Fils de médecins, rien ne le prédestinait à la vigne et il dit lui-même y être venu un peu par hasard. Le hasard fait bien les choses pour nous qui aimons ses vins. Il s’inscrit dans cette nouvelle vague qui ne cherche pas à dénaturer le caractère intrinsèque des vins de terroir en faisant les choses différemment à tout prix. Il cherche juste à faire des vins qu’on a envie de boire, des vins à son image, bons gaillards, francs, ouverts et généreux.

L’après-midi nous avons pu faire un tour de vignes et constater par nous-même les différences de terroir, de climat, sur ces collines du Minervois qui sont comme un patch-work géologique. Nous avons même eu la chance de voir une carrière de marbre rose, la Carrière du Roy. On était tous d’accord qu’on aurait bien aimé y faire une fête. Ce sera pour un autre voyage.

Après une promenade dans Caunes, superbe village médiéval, nous avons pris l’apéro à la Cantine du Curé avant de filer manger des pâtes accompagnés d’une Laguzelle 2011. Ce pur bonbon, assemblage de Cinsaut, Grenache et Carignan est un danger liquide, tant une gorgée en appelle une autre. Il faisait très chaud donc nous avons légèrement rafraichi le vin. Fluide, gourmand, frais, un vrai vin des copains par nature et encore plus maintenant que nous pouvons dire que Benjamin en est un. 😉

Merci Benji!

Vinicolement vôtre,

Judith S.

Written by jjscenario

October 18, 2012 at 15:19

Retour Aux Sources 2010 (Mas des Caprices)

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Hello,

it’s 13°C in Paris and my jaw has been blocked for twenty-four days.

When we woke up at Domaine Modat, it was after a windy and stormy night that brought us little rest but provided much needed water to the vines. We packed up our tent, took a last look around at the breath taking scenery, and after breakfast in Cassagnes headed South to catch some sun.

We decided to spend the day in Cadaques, Spain’s most eastern village made famous by Dali, Picasso, Marcel Duchamp. As we crossed the border, we were surrounded by devastation; miles and miles of burnt landscape, thousands of hectares having gone up in flames during wildfires a couple of weeks earlier.

Nearing Cadaques, it appeared obvious we weren’t the only ones there. It took a few hours of bumper to bumper procession to get into the village and park our car on the designated parking lot. We spent the day walking around, eating tapas, swimming in the sea, people-watching.

At the end of the day, we bought some ham and dry saussages near the border and drove to Leucate, where we were met by Pierre Mann who immediately took us up the cliff to one of his vineyard plots where he allowed us to camp for the next couple of nights. It was quickly getting darker so we had to hurry, but it was clear enought to see this was going to be yet another gorgeous stop on our trip.

The Leucate cliff. A light house, the scent of quintessential mediterranean maquis, rocks and almond trees. Beauty all around.

Mireille and Pierre are from Alsace, and yes, Albert Mann is a cousin. They ran a restaurant and loved wine. So, when the restaurant was up and running and they felt solid enough to pursue their dream, they started searching for a place to settle down. Initially they thought of Provence, and looked into buying vines there. But then they visited Leucate and, understandably, fell in love with the place.

Mireille and Pierre are the sweetest people you can imagine. They are bright and open and everything they are shines through in their wines. Their Alsacian origins translate into crystal cut precision. Their generosity finds its mirror in ample structure, their openness is found in the authenticity of their cuvées. And the fact that everyone thought they were crazy when they left the comfort of their established life is easy to grasp in the name they chose for their winery. Le Mas des Caprices is the only independant winery in Leucate, everyone else sells their grapes to the coopérative. It took two young, slightly crazy Alsacians to fall in love with Leucate in order to return to its terroir its lettres de noblesse.

After a first night on the cliff, we woke up to a dreamy landscape, the sun was low, the birds were quiet, nothing was quite awake yet. We walked down to a small creek that can be accessed either via the cliff or by sea, and the world was ours for the taking. We had bought a big piece of solid cloth, and with three vineyard stakes we built a tent against one of the big rocks that were scattered around the beach. The first people we saw that day were divers who came up to the beach from the sea to investigate their catch, some decently sized squid.

Then we spent the day hanging out at Leucate and at the winery, where in the evening we were joined by a Belgian importer and his friends who were vacationing in the area. We brought cold cuts, they brought oysters and home-made Kefta, the Mann popped a couple of corks, customers came in and out of the winery, conversation was fluid and the wines were good.

After a second night on the cliff, during which we were woken up by the surreal sounds of Sean Paul blasting somewhere down low, we descended into the cove to bid it farewell and joined Mireille and Pierre at the winery to help bottle retour Aux Sources 2011. The song of the bottling line, the magic of cases being stacked up to form pallets, Two years of hard work, from pruning to harvesting to that moment, and the wine that had been tended to so lovingly, finally being all grown up and ready to go out and meet the world, always a very special moment to witness.

Once bottling was complete, we sat down for lunch with the entire bottling team and Mireille and Pierre for a lunch of chicken, garden vegetables, cheese and wine. We opened a bottle of the wine that had just been bottled, and eventhough it suffered slightly from bottle shock, it was already surprisingly structured and lush.

Retour Aux Sources is made up of Syrah, Grenache and Carignan and is the domain’s flagship wine. Both representative of its origins and modern in style, it is not surprising that it was made by two outsiders to the region. Like every one of Mireille and Pierre’s wines, it has great acidity and fluidity. It’s a wine that invites to pleasure, to joy, to friendship.

Mireille and Pierre, merci.

Winely yours,

Judith S.

Written by jjscenario

September 20, 2012 at 12:50

Lucioles 2011 (Domaine Modat)

with 2 comments

Bonjour,

il fait 15° à Paris et il existe des rencontres du troisième type.

Après deux jours d’un accueil chaleureux et de souvenirs indélibiles chez Jean-Louis Tribouley il était temps pour nous de migrer à Cassagnes, au Domaine Modat. Philippe Modat nous avait prévenus par email que le lieu était idyllique. En arrivant force était de constater qu’il pesait ses mots…

Modat, c’est une de ces belles histoires où racines et passion se croisent. Henri, le père, d’abord. Rugbyman et flic monté à Paris, commissariat de la rue de la Faisanderie pour être exacte, garde au creux de son coeur l’amour du pays, le lien de la terre et ce sang qui en découle et qui forge les amitiés; le vin. Retraite prise, il redescend comme on dit, et reprend 20 hectares de vignes qui, alors, paraissent une folie.

Philippe, le fils, ensuite. Brillantes études, magistrature, le vin comme fil conducteur de rêves, de relations, de découvertes. Les 20 hectares, il va en faire un défi, un but, un contrat d’honneur avec lui-même. Amoureux du lieu, fort de son amour vino-filial, il va tout faire pour d’abord comprendre, ensuite raconter.

Henri et Philippe donc. Les Modat. La preuve, et la force, par deux.

C’est Henri qui nous a accueillis, avec sa chienne dont le nom (Sprint? Speedy?) m’échappe. Un sourire, un regard, une allure, sincèrement heureux de partager avec nous cet endroit qui est sa fierté. Il s’émerveille avec nous de cette vallée de l’Agly à la lumière technicolor, du Canigou, majestueux, au Sud et nous indique le Château de Quéribus qui nous toise, au Nord. Le maquis nous entoure, les vignes nous sourient, idyllique est un bien faible mot.

L’émotion première de ce lieu bien installée en nous, regards qui en disent long échangés avec ma louve et PlayTime, les premières gouttes de ce qui sera un bel apport hydrique plus tard dans la soirée nous rappellent à l’ordre. Henri nous ouvre la grande porte du chai, nous guide en haut de l’escalier dans le bureau, et immédiatement on voudrait vivre là. Ou alors, devenir cette grande fenêtre pour ne plus jamais être confrontés à autre chose qu’à la perfection. Nature, à perte de vue, vignes, en mer sereine, oiseaux, monts, des siècles d’histoire et des milliers d’hommes s’inscrivent dans cette vision presque irréelle.

Henri nous parle, il est drôle et touchant. Puis nous faisons remarquer que le vin, c’est bien d’en parler, mais… Et il acquiesce en ouvrant les bouteilles. Il se fait faux timide pour mieux laisser parler les vins, se moque gentiment de mes envolées lyriques et se retrouve dans les sensations plus clairement exprimées par mes compagnons de voyage.

La lumière baisse, la pluie cesse pour un instant, il est l’heure de planter notre tente. Henri nous indique plusieurs endroits possibles, nous optons pour celui, un peu à l’écart, à la vue la plus imprenable. Avant de lui dire au revoir, nous achetons à Henri quelques bouteilles pour la suite du périple dont une de la cuvée Lucioles pour le repas du soir.

Henri part, nous échangeons nos impressions, notre émotion, cette sensation de partage et d’ouverture qui ne cesse de croître depuis le début du périple. Une fois encore, un vigneron qui ne nous connaît qu’à peine, nous laisse son domaine, nous propose de laisser le chai ouvert au cas où nous serions surpris par une tempête, nous laisse un accès libre à son patrimoine, sa terre, en nous accordant une confiance digne d’émoi. Belle leçon de vie.

PlayTime et moi plantons la tente, la louve prépare le repas et nous nous retrouvons face à cette vue qui brûle nos rétines pour ouvrir la bouteille de Lucioles, la bien nommée.

Le fenouil sauvage cueilli par la louve pour la salade se reflète dans le vin et se mêle à des notes de fleurs blanches. Viognier, Grenache Gris, Roussanne et Carignan Blanc dansent ensemble sur une symphonie acide et minérale. Ample et frais, dense et lumineux à la fois, c’est un beau représentant du domaine, mêlant la tradition à l’innovation. En dégustant le vin, nous portions des lampes frontales, tout comme les vendangeurs qui ramassent les raisins de cette cuvée en partie de nuit. Lucioles temporaires, instant éphémère d’immensité, je pense que tous les trois nous avons senti comme une halte, une pause, dans ce voyage et nous sommes rendus compte à ce moment précis, tout ce qu’il allait nous apprendre.

Henri, Philippe, merci.

Vinicolement vôtre,

Judith S.

Written by jjscenario

August 31, 2012 at 13:33

Gg 2011 (Jean-Louis Tribouley)

with one comment

Hello,

it’s 16°C in Paris and I had a dream that involved Rotterdam, playing pool, my ex-dog and balloons.

The second destination on our vineyard trip this summer was Latour-de-France, where we were welcomed by Jean-Louis Tribouley in his beautiful home that felt like a palace. High ceilings, thick walls, beautiful old wooden doors, peaceful and cool, we were on our third day of the trip and still hadn’t planted our tent.

Jean-Louis grew up near Besançon, has vivid eyes and a dog called Pongho. Before being the remarkable winemaker he is today, he was a social worker, helping people who had a hard time integrate society. You can sense that today still by the amazing amount of humanity that shines through his every word. He is a true humanist, and while he may have somewhat of a wild streak, he has a heart of gold and is generous with what are great treasures. His wines, of course, but what will stay with us for a long time are the moments we spent at his table, eating home-grown vegetables and talking about his family, his love, his past, his friends, exchanging ideas and feeling truly blessed for getting to know him.

One evening he took us to Estagel to see a play put up by one of his friends, Nathalie,  who has helped him harvest for the past couple of years. Another night we drank and partied at the “trinquette” just across from his house, eating tapas and laughing. By this time our friend PlayTime had joined us and we were now three, swiftly dubbed the Parisian trio by Jean-Louis’ friends.

But the most magical moment, without a doubt, was when on the last night of our stay with him, Jean-Louis took us deep into his vines, up on a hill, to have a drink at his Cazotte, the local name for the small stone tool-shacks that exist in every french vineyard. A moment of bliss, the Agly Valley light was pure, the wines were fresh, life was insanely good.

We had a couple of bottles of his cuvée Gg, short for Grenache Gris, which is blended here with a local varietal, Macabeu. The vines average 80 years of age, and the wine is precise, clear-cut like crystal. Jean-Louis tought us something that I didn’t know but which makes so much sense when you think of it. In each varietal family where there are different colors (Blanc, Gris, Noir, etc) the Gris kind is always the most expressive. This is why they are often blended with the less aromatic varietals to give them depth and color. So in Gg, Macabeu brings us vivid acidity, freshness, mineral structure, where Grenache Gris brings flesh, color and rounds off the angles.

When I get to that ultimate moment where my life flashes before my eyes, one final solstice ,  I am sure that moment at Jean-Louis’ Cazotte will hold a prominent spot on the reel. After all, it is for precisely those moments I pursue this life of wine and love.

Merci Jean-Louis!

Winely yours,

Judith s.

Antithèse 2006 (Riberach)

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Bonjour,

il fait 20° à Paris et c’était parfait.

Suite à un imprévu médical, le voyage en Inde a du être annulé. Un peu à la dernière minute, nous avons donc réfléchi au plan B qui finalement s’est imposé de façon assez évidente.

Un voyage dont je rêvais depuis longtemps, une envie d’aller voir de plus près, un pèlerinage sur les lieux de naissance de tant de vins si bien aimés, ce voyage s’est intitulé “j’irai dormir dans vos vignes” et a fait appel à la générosité des vigneron(ne)s contacté(e)s à quelques jours seulement de notre arrivée. Et quelle générosité…! Les réactions enthousiastes de celles et ceux qui ont bien voulu partager avec nous leurs vignes, leurs vins, leurs tables et leur amitié ont fait de ce voyage un enchaînement d’instants magiques. Il y a eu ceux qui nous ont ouvert leur maison voire celle de leurs parents. Ceux qui n’étaient pas là mais nous ont quand même proposé de nous laisser les clés du domaine. Ceux qui nous ont montré le coin de vignes avec la plus belle vue. Ceux qui sont venus nous chercher, ceux qui nous ont déposés, ceux qui… Bref, sur ce blog dans les semaines à venir, des portraits d’instants, de terres, de vignes et de rires, des billets d’humeur et d’amour et de remerciement pour ce périple tellement magique et tellement trop court. Trois semaines qui nous ont menés de Belesta à Villemontais, huit étapes, des dizaines de terroirs, des paysages enchanteurs et partout des univers forts et uniques.

Commençons par Riberach, à Belesta. Un projet un peu fou de cinq copains, celui de transformer une ancienne cave coopérative en un haut lieu du gourmetourisme. Les cuves sont devenues chambres, le restaurant se niche entre la vue et les cuisines sur l’ancien quai de réception, à l’extérieur la piscine est ovoïdale et naturelle. La transformation est réussie et nous fait penser que le Sud de la France regorge de trésors de l’architecture industrielle du milieu du siècle dernier.

Guilhem Soulignac nous a accueillis dans sa maison au coeur du joli village Montner. Un vrai passionné de vins et de biodynamie, il nous a fait goûter non seulement les vins de son domaine, mais aussi un vin d’un ami qui nous a impressionnés, la cuvée Cashmere du Domaine de la Nouvelle Don(n)e. Il y a vraiment du joli monde dans cette région à et autour de Calce et le lendemain nous avons facilement pu comprendre pourquoi.

Quels terroirs…!  Sublimes terrasses de vieilles vignes, superbes plantiers de vignes entourés de vues à couper le souffle, ce coin du Roussillon niché entre la mer et les montagnes revêt comme un air de paradis. La Tramontane soufflait et rendait supportables les 36° et le soleil ardent.

Après nous avoir rincé l’oeil parisien avec son environnement, Guilhem nous a emmenés à Belesta où se trouve le domaine Riberach. Il faisait chaud, il faisait beau, il faisait faim, nous avons pris place dans le restaurant du domaine. Dans ce cadre exceptionnel à la décoration simple et élégante nous nous sommes régalés de la créativité du chef et de la fraîcheur des mets. Créativité et fraîcheur que nous avons accompagnés d’une Antithèse 2006 convenablement carafée.

Au delà d’une syrah bien mûre, d’une structure souple et espiègle, Antithèse nous a parlé de son terroir. Issu des trois terroirs représentatifs du domaine, schiste, granite et calcaire, le vin rayonne de multiples couches minérales. A chaque gorgée, ce sont les strates géologiques qui s’offrent à nous, et nous plongent avec bonheur au plus profond des sols, là où les racines s’abreuvent, même lorsqu’il n’a pas plu depuis des mois. Incroyable équilibre de salinité et de roche humide, toujours cette note de tourbe que l’on retrouve dans toutes les cuvées du domaine, un vin grand qui nous transporte facilement, tout en humilité. Rien de pompeux, une écriture nette et précise… Quand il suffit de laisser parler le sol… Bravo Riberach et merci Guilhem.

Vinicolement vôtre,

Judith S.

Written by jjscenario

August 29, 2012 at 12:39

A Côté 2010 (Domaine Charvin)

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Hello,

it’s 12°C in Paris and I’m fully booked.

Speaking of books, I wonder what to bring with me on my voyage to India this summer. Rudyard Kipling? V.S. Naipaul? E.M. Forster? Should I go for something set in post colonial India? Should I maybe bring something about ancient Indian myths and beliefs? A spice lexicon?

Or should the book be blank, a notebook, for me to jot down my impressions and feelings, always fleeting far more swiftly than the traveler intends them to?

I sometimes feel I should start keeping a journal. Because it is only in hindsight that we realise the adventures we were embarked on. When we’re living them, they seem more, I don’t know, static. The ebb and flow and tug of war we play with places, both in and outside of ourselves never appear as distinctly before us as when it is all over, the dust has settled, and the light is clear. Because, to put it simply,  one forgets.

But then, isn’t this filter of souvenir, this editing of snapshots if you wish, the way we shape the mindscape of our lives? How convenient to let slip aside our flawed inclinations or paths too hastily traveled. To what extent do the logbooks of our lives require detail? These may be some of the most fascinating parts of the letters of giants such as Virginia Woolf or Vincent van Gogh, but what use do I have for recording the gritty mondanities of an average life?

Incessantly starting with a blank slate is not an option either, of course. But there are different means of recording. Postcards, letters, photographs, all leave a trail of who I was, am, am about to be. And, as in nearly each human life, themes develop. These themes, by resisting forgetfulness, by speaking louder than the white noise of daily life, have taken on the shape of guides.

Reading. Others’ words form much more fitting libretti to the tunes of my emotions.

Writing. Not so much to record as to find a certain inner fluency. Write to think. Write to communicate. As a function.

Cooking. To share. To love. To rejoice. To celebrate. To live.

Photographing. To amplify. To penetrate. To focus. To externalize.

Travelling. To understand. To taste. To smell. To flee.

Art. Music. Party. People.

These themes manifest themselves every so often, in powerful bouts. Once in a while I’ll catch the scent of Tuber Melanosporum and the essence of seasonal cuisine flashes before me. Now and again, a painting imposes itself on me with a stab of perfection, so vivid, years of museum visiting and book browsing fall into place. Sometimes, things match up, life appears harmonious.

When this happens, I am reminded that even though the climb is somewhat steep, the view is mostly worth it, and the life I have chosen fulfills me more often than it does not.

When I had my first sip of Domaine Charvin‘s Vin de Pays de la Principauté d’Orange, it was one of those moments. The wine isn’t mind-blowing. It’s not one that calls up memories or feelings or dreamy images of country side homes with Hydrangea filled gardens. It is, however, very good. It is clean and fruit forward and packed with refreshment.

Domaine Charvin makes Châteauneuf du Pape and Côtes du Rhône near Orange, on the Northwestern limit of the Châteauneuf AOC. Twenty-one hectares have been tended to by six generations of winemakers, who have seen some 160 vintages minus those made impossible by Phylloxera Vastatrix. The wines are produced according to traditional standards and are not filtered.

Their A Côté is a Vin de Pays de la Principauté d’Orange, and made up of equal parts Merlot and Grenache. It is a gorgeous balance between ripe fruit and refreshing acidity. Good minerality and a clean finish. Uncomplicated, honest, true to its origins, it is everything I expect from a wine and in a flash comforted me in the wines I have chosen to represent.

It’s a winemakers’ wine.

Winely yours,

Judith S.

Written by jjscenario

June 14, 2012 at 11:43